Au bout du monde

Un périple en Asie du sud-est: Viet-Nam, Laos, Cambodge et Thaïlande. Seul sans jamais vraiment l'être, ce blog vous permettra de m'accompagner à l'autre bout du monde.
Tue Apr 14

Happy Thaï New Year!

Chiang Mai, 14 avril 2009

La vie réserve parfois des surprises de taille.  En voici une belle.

Après ces deux semaines passées dans le sud de la Thaïlande, je commençais à avoir quelques petites réserves sur ce pays qu’on qualifie parfois de celui du sourire.  Le coût de la vie, la température (la saison des pluies est en avance cette année, ce qui me valait un temps de merde à partir de 14H, tous les jours), le manque de variété culinaire, la situation politique pour le moins chancelante, l’air bête et l’extrême paresse des Thaïs écœurés par ces trente dernières années de tourisme débauché commençaient à me rentrer dedans et je me suis surpris quelques fois à penser que le temps du retour à la maison était arrivé.

Ce fut une erreur monumentale.  Mon arrivée à Chiang Mai dans le nord du pays fut une véritable bénédiction.  Non seulement est-ce le retour de la haute gastronomie thaï,  des bières à 1$ et des sourires, mais j’ai la chance d’être ici durant les festivités du nouvel an.  Jamais rien vu de tel.  Je tente de vous expliquer :

M. Savanuki savoure son espresso quotidien et lit son journal sur l’une des nombreuses terrasses qui bordent Moon Vuang TD, l’avenue centrale de la ville.  Sourcillant et l’air inquiet, il semble plus que jamais préoccupé par les nombreuses émeutes provoquées par les « red shirt » (dont je fais moi-même dorénavant partie) à Bangkok et à Pattaya.  Quoi qu’il en soit, Chiang Mai est un véritable havre de paix et il sait qu’il n’y a rien à craindre dans sa ville natale.  Juste au moment où ses lèvres touchent le bord de sa tasse, M. Savanuki reçoit une giclée d’environ 10 litres d’eau au visage, assaut complété par un commando de jeunes filles armées de pistolets à eau qui s’assure d’humidifier les derniers recoins secs du pantalon de M. Savanuki.

Mme Klang Vieng, 83 ans et toutes ses dents, savoure l’espièglerie retrouvée des vieux jours.  Elle n’a beau mesurer que 5 pieds, rien ne l’empêchera de mener à bien sa mission.  Son cœur battant à 100 km à l’heure, elle se tient dos contre mur sur la paroi latérale de sa boutique d’herbes médicinales, un sceau d’eau glacée à la main et bien à l’abri de la vue des passants. Deux touristes Kiwis charriant leur sac-à-dos de voyage avaient le malheur de passer par là.  Tel Chuck Norris qui surgit de nul part, Mme Klang Vieng bondit sur le trottoir et asperge de la tête aux pieds les deux victimes d’une eau frigorifique.  Stupéfaits, trempés et affichant un regard de biche éclairée par les derniers phares qu’elle verra, les deux Kiwis sont médusés.  Mme Klang Vieng, l’air satisfaite et affichant un sourire en coin, est déjà affairée à remplir à nouveau son sceau.

Bi, Nikki et Fatr roulent tranquillement sur la motocyclette familiale en cette belle journée de printemps.  Le vent chaud et humide caresse leur visage et rien ne semble pouvoir les perturber.  En tournant le coin de la rue, le patriarche Fatr montre à sa fille Nikki la maison où il a grandit.  Au moment où il pointe la fenêtre de son ancienne chambre, une armée de jeune Thaï – on ne saura jamais combien il était; au moins 15 – lance au visage des motocyclistes une myriade de ballons remplis d’eau puisée à même le canal de la rue.   Perdant presque le contrôle, Fatr réussi à immobiliser sa moto avant que ne survienne un accident.  Affichant d’abord une expression feignant la colère, la petite famille éclate de rire au grand plaisir des agresseurs déjà occupés à trouver leur prochaine victime.

Voilà à quoi ressemblent les rues de Chiang Mai en ce festival de la nouvelle année.  Pas une seule personne n’y échappe est il est absolument impossible de rester au sec durant ces 5 jours de folie aquatique.  Lorsqu’on est seul (comme un petit Québécois fraîchement débarqué), on devient la victime parfaite.  C’est pourquoi j’ai dû m’improviser une équipe au plus vite.  Me promenant au centre de la guerre, quelle ne fut pas ma surprise de voir un homme encapée d’un fleurdelysé comme on en retrouve tant aux alentours du 24 juin chez nous.  Capitaine Québec en personne et 4 de ses disciples qui menaient une bataille sans merci à une dizaine de jeunes Thaïlandaises armées de boyaux d’arrosage étaient plus qu’heureux d’accueillir un sixième soldat au sein de leur rang.

J’ai tenté de prendre quelques photos et vidéos de ladite chose mais vous comprendrez que je tiens à ma caméra.  C’est pourquoi la qualité laisse à désirer.

Attention Chiang Mai, Team Québec est arrivée!

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