Ambiance mortuaire
Les gens meurent…
Hier matin, le tribunal apprenait qu’un des avocats de la Partie civile venait de mourir. Me Blackman qu’il s’appelait. Je l’avais rencontré qu’une seule fois. Il pétait le feu. Aujourd’hui, il n’est plus. Il travaillait pro bono depuis 3 ans ici. Ce fut une journée de deuil.
En arrivant chez-moi hier soir, il devait y avoir au moins 40 personnes dans la cour intérieure. Mes propriétaires vivent au premier étage d’une maison du quartier BKK2 de Phnom Penh. L’homme, médecin pédiatre, bon vivant et pince sans-rire, avait la mine basse. Sa femme se meure. Je ne sais pas trop ce qu’elle a, mais a en juger son apparence, c’est probablement un cancer de la peau. Elle est allongée dans le salon, intubée et chaque respiration semble être un combat de tous les instants. C’est avec elle que j’ai négocié le prix du loyer. Sa famille reste auprès d’elle 24H sur 24. Les chandelles et l’encens brûlent. L’ambiance est plutôt mortuaire.
Au moins, le dernier week-end m’a réservé une surprise de taille. Dans le cadre de la journée internationale de la Francophonie, j’ai abouti devant une foule de centaines de personnes à l’Université Royale de Phnom Penh et j’ai lu « La marche à l’amour » de Gaston Miron. Touché, un représentant de l’Ambassade de France m’a juré qu’il allait se mettre à la tâche de découvrir Miron. Quelle superbe occasion pour le Québec de mettre son grain de sel durant ces célébrations qui, paradoxalement, semblent être plus importantes ici qu’au Québec. Misère…
Voilà pourquoi j’aime voyager. Un soir, je me retrouve dans un bar flottant sur le Mékong. Le lendemain, je lis du Gaston Miron à l’Université. C’est seulement en voyageant que de telles aventures surviennent.
Voyagez! Et comme dirait mon beau-père : Dévorez la vie avant qu’elle ne vous dévore!
À bientôt!