Au bout du monde

Un périple en Asie du sud-est: Viet-Nam, Laos, Cambodge et Thaïlande. Seul sans jamais vraiment l'être, ce blog vous permettra de m'accompagner à l'autre bout du monde.
Wed Jan 27

Au bout du monde, mais pas tant que ça…

À l’instar de plusieurs grandes villes d’Asie, Manille n’est pas le genre d’endroit qui séduit au premier coup d’œil.  Déjà, lors des dernières secondes précédant l’atterrissage, elle laisse présager un niveau de pollution impressionnant et beaucoup, beaucoup de pauvreté.  Un bidonville  se serre les coudes entre l’aéroport et le Centre-Ville et les enfants pieds-nus serpentent nonchalamment entre les voies de l’autoroute à la recherche d’une âme généreuse.  Les gratte-ciels blancs et sals s’entassent les uns sur les autres tandis que ses millions d’habitants cherchent un peu d’ombre pour passer les heures brulantes d’après-midi.  Le piéton réalise rapidement qu’il risque sa vie dès qu’il met le pied à l’extérieur de son Taxi.  Pour la première impression des premières heures, on repassera.

Comme Phnom Penh, Manille se laisse désirer avant de dévoiler ses charmes, mais l’attente en vaut la peine. Tranquillement, les rues prennent vie et révèlent une énergie fulgurante.  Manille est définitivement nocturne.  Son quartier des affaires, Makati s’impose majestueusement au centre de la ville et les restaurants, bars, terrasse et grands hôtels se succèdent à un rythme effréné.  Mon bled, Malate, plus précisément les rues Mabini et Del Pilar offrent du divertissement, du karaoké et de la San Miguel, la bière locale, 24 heures sur 24.  Lentement,  Manille vous pénètre et on finit par s’y plaire.

Mais contrairement à la grande majorité des métropoles asiatiques, les touristes y sont absents ou invisibles.  Maxime et moi semblons être les seuls étrangers dans cette mer de yeux bridés et attirons l’attention comme si nous étions des vedettes rock américaines.  Nous prenons facilement contact avec la population puisqu’à notre surprise, personne ici (et je dis bien personne) ne parle pas l’anglais.  Triste ou pas, les Filipinos semblent s’être imprégnés de la langue des deux puissances coloniales qui ont précédé leur indépendance, l’Espagne et les États-Unis, ce qui a donné naissance à un curieux mélange d’anglais et d’espagnol.  Les symboles asiatiques sont inexistants et j’ai beau me trouver au bout du monde, le dépaysement n’est pas au rendez-vous.  J’ai parfois l’impression de me promener dans une grande ville américaine délabrée.

À première vue, les Filipinos sont extrêmement aimables et honnêtes (contrairement aux Thaï par exemple) et nous ne sommes pas du tout sollicités.  Hier soir, après avoir expliqué notre pressant intérêt à étudier aux Philippines à un garde de sécurité un peu bonasse,  nous avons eu droit à une visite guidée  de l’Université de Manille.   Le campus est agréable et regroupe environ 20 000 étudiants qui semblaient passablement surpris de voir 2 blancs s’introduire chez eux.  Peut-être que j’irai y faire mon deuxième post-doc…

Commençant à me rappeler les raisons qui m’ont amené ici (c’est-à-dire l’incontrôlable envie de me retrouver sur une plage de rêve avec un bon livre et une bière fraîche), nous avons réservé des billets d’avion pour le sud et partons dans quelques heures vers l’île de Palawan qui est supposée abriter une des plus belles plages du monde.  On verra une fois sur place!

Désolé pour l’absence de photo mais je n’ai pas encore retrouvé mes bons vieux réflexes de touristes.

Je redonne des nouvelles une fois au sud!

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